#ComingOutDay

#ComingGoutDay est le hashtag qu’on a tous vu fleurir un peu partout aujourd’hui sur la toile, et c’est une journée consacrée au coming out, au bien que celui-ci procure une fois qu’on a entrepris cette démarche. Un peu partout, les gens racontaient leur histoire, et, pour la majorité des gens, celui-ci a souvent été positif. Pour ma part, mon coming-out était totalement raté, au sens où j’ai été outé par les rumeurs et ragots de village, mais surtout par mon ex, qui, ne supportant pas la rupture, a décidé d’en informer mes parents ! Cela a considérablement impacté ma vie, puisqu’au lieu de pouvoir poursuivre des études supérieures, on m’a gentiment indiqué qu’il me fallait trouver du travail et quitter la maison… Quelques jours après les épreuves du bac, j’entrais dans le monde professionnel, et je découvrais mon indépendance, dans un département où les corbeaux menaient une vie bien plus trépidante que la mienne. Toutefois, passé un certain temps, j’ai pris mon destin en main et en m’installant à Paris, j’ai appris à ne plus baisser les yeux.

Bien des années plus tard, alors que je militais fièrement, ma mère ne l’avait toujours pas digéré.  Nos relations sont restées conflictuelles et toxiques jusqu’au bout. Chaque tentative de dialogue se terminait par une cinglante dispute. C’était une relation néfaste, dont on ne sort pas sans blessure. Au énième conflit, j’ai pris la plume. J’ai craché toute ma colère. Je me suis projeté dans la vie d’Arnaud, le personnage central de mes romans. Une part de son histoire est la mienne (mais pas toute), notamment celle qui concerne les rapports familiaux. Il part pour s’assumer, vivre libre, ne plus avoir de compte à rendre à personne. Si, j’ai pu bénéficier de soutiens amicaux pour m’aider à m’épanouir, ce n’est pas le cas de ce personnage principal. Au gré des chapitres, on se demande jusqu’où ira sa déchéance dans sa quête de liberté. On le suit, de trottoirs en coucheries, dans les méandres obscurs de la capitale, de rencontres douces en déceptions, dans l’univers de la précarité crasse, là ou pourtant, ça clinque de partout.

J’ai écrit ce livre par vengeance envers mes parents, mais aussi pour toutes celles et ceux qu’on a rejeté en raison de leur incapacité à coller au moule hétéropatriarcal. Dans ce bouquin, j’ai mis toute ma violence, ma colère, pour en faire quelque chose de puissant à jeter à la figure de ces personnes « bien intentionnées » qui défilaient en 2012-2013, au nom de valeurs morales factices. J’ai mis toute mon humanité aussi, ma sensibilité et ma douceur aussi. Je me suis immergé dans la détresse de ce gamin qu’on abandonne à son sort, et qui devra, plus que n’importe quel autre, fournir des efforts pour s’adapter, survivre, et enfin, peut-être, aspirer à la liberté et revendiquer son droit à l’amour dans la ville lumière.

Dénoncer cette violence par la fiction m’a libéré, m’a rendu plus fort aussi.

L’histoire d’Arnaud peut sembler commune, quelconque, mais au vu du nombre de témoignages positifs des internautes à propos de leur coming-out, nous ne devons pas fermer les yeux sur toutes les familles où ça coince. Si ce livre pouvait permettre de pointer du doigt les comportements homophobes, alors, j’aurais réussi cette œuvre.

C’est aussi un devoir de mémoire de se souvenir que, quelques décennies en arrière, nos vies n’auraient pas été ce qu’elles sont si les personnes libres ne s’étaient pas révélées et outés aux yeux du monde.

Bonne journée du coming-out à toutes et à tous.

41 rue des blancs manteaux

75004 Paris

Métro Rambuteau ou Hôtel de ville.

Sinon, le livre est disponible en ligne : http://latremie.com

Et vous pouvez en lire quelques extraits par ici : https://latremie.com/quelques-extraits-de-linstant-x/

Publié par Frédéric Adam-Foucault

Artiste queer pluridisciplinaire, mon premier roman « Insère toi » a été publié en 2016 au Québec. J'en publie en septembre 2021 une nouvelle version, revue et corrigée, sous le titre « L’instant X » ainsi qu'un second roman "L'explosion des secrets" par l'intermédiaire de la société d'édition que j'ai fondé : "Les éditions de la Trémie". J'ai réalisé des courts métrages de fiction « Un autre sexe », « Bareback orange » ou « Les noces de Frida ». Clubbeur, j'ai aussi réalisé de nombreuses vidéos interview de DJs à Paris, ou des documentaires des milieux associatifs et militants. Bloggeur assidu sur Bloggay.com, je me suis beaucoup exprimé sur les luttes des sexworkers, la sexualité ou la pornographie entre 2006 et 2010 et j'ai repris la plume sur le blog « le plaisir de l’encre » ou je partage mes lectures, mes sorties culturelles, et parfois mes opinions. Comédien et Artiste de cabaret (« La famille Von Meek Hauze » ou « Lady PatoutaFée »), je suis aussi Auteur et Chanteuse du groupe « Mauvais-Genre ». Le corps est un vecteur d’expressions, tout comme la plume est le plus beau médium à exploiter.

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